L’héritage de David Suzuki

L’écologiste vancouverois plaide pour un meilleur traitement de la Terre en vue des générations futures.

David Suzuki à McGill, 28 septembre 2010

Louis St-Aimé
Le Délit

De passage à McGill pour promouvoir son dernier livre intitulé «The Legacy» (L’héritage), David Suzuki s’est adressé pendant près de deux heures à une salle comble, mardi soir dernier au Pollack Hall. Généticien accompli et vulgarisateur scientifique des plus appréciés des Canadiens, Suzuki fait de l’écologie son principal cheval de bataille depuis plus de vingt ans. À soixante-quatorze ans, il multiplie les références à «l’héritage» et au «legs» qu’on doit laisser aux générations futures. «Alors que j’approche inéluctablement de la tombe, dit le septuagénaire, je peux me permettre de parler du cœur; de dire la vérité sans égard aux considérations de carrière ou d’argent.»

L’ère de l’homme

«L’être humain est maintenant devenu une puissance inégalée en 3,9 milliards d’années depuis l’apparition de la vie sur Terre, dit Suzuki. Les géologues ont déjà nommé l’ère actuelle ‘Antropocène’: l’ère de l’homme. L’humain exerce maintenant son influence jusqu’à l’échelle géologique». D’où l’importance d’agir de notre vivant pour laisser une planète intacte aux générations futures, selon Suzuki: «Ce qu’on appelle notre maison est-ce un foyer ou un simple bien immobilier?», demande-t-il. L’économie occupe une place démesurée dans le discours politique, estime Suzuki: «[C']est une invention humaine qui a pourtant la même racine linguistique, oikos (maison), que le mot ‘écologie’. Se prosterner devant l’économie et vouloir à tout prix la libérer, c’est le comble de la folie», lance-t-il.

Le retour aux sources

Suzuki raconte une anecdote où sa famille et lui, en excursion de camping dans une forêt ancienne de la Colombie-Britannique, ont croisé sur leur chemin le P.D.G. d’une compagnie forestière qui lui a demandé: «Es-tu prêt à payer, Suzuki, pour qu’on ne coupe pas cette forêt?». David Suzuki croit que notre société n’accorde pas assez de valeur à la nature et par conséquent, aux vraies sources du bonheur humain: «Il y a de ces choses infiniment précieuses qui n’ont aucune valeur dans le système économique, dit le scientifique. Nous devons tous ra-len-tir: prendre le temps de connaître notre famille et nos amis; travailler et jouer dans le même quartier; donner à ce dernier une vie de quartier […] Nous devons changer la direction de la société. […] Cela s’est déjà fait dans le passé. Tout ce que ça prend c’est une vision et la volonté de changer les choses. Alors allons-y,» exhorte-t-il en terminant, déclencheant une copieuse ovation de l’auditoire.

G20 à Toronto – marche du 26 juin 2010

Vidéo tournée pendant la journée de mobilisation, le 26 juin à Toronto. Entrevue exclusive avec Kumi Naidoo, directeur de Greenpeace International, et avec Bruce Cox, directeur de Greenpeace Canada. Musique engagée à la clôture, au coin des rues Front et Bay.

Filmed during the day or the big march from Queen’s Park, June 26. Exclusive interview with Kumi Naidoo, executive director of Greenpeace International, and Bruce Cox, executive director of Greenpeace Canada. And, the sounds of protest at the corner of Front and Bay.

There's no planet B. On n'a qu'une planète.

There's no planet B. On n'a qu'une planète.

A Better World Is Possible

A Better World Is Possible

POLICE

POLICE

The sound of protest, Front & Bay

Jour 12 – Farvel til København … au revoir Copenhague.

La 15e Conference des Partis sur les changements climatiques prennait fin aujourd’hui a Copenhague. Quelques heures avant mon départ, j’ai tourné cette petite synthèse vidéo, loin de se vouloir complète, de ce que j’y ai vécu. Une chose qui est certaine : tout le débat sur le réchauffement planétaire et la justice climatique ne fait que commencer.

Sans grande surprise, le Canada a terminé en tete de classement des Prix Fossile. Il remporte donc le Fossile de l’Anné pour sa performance honteuse et contre-productive aux nécociations. Ces dernières se sont soldées par un simple accord de principe, rédigé pratiquement bilatéralement entreles États-unis et la Chine, qui devra être légalement entériné l’année prochaine au COP-16 à México. Malgré l’intention exprimée de limiter la hausse globale de la température à 2%, cet accord ne contient pas en tant de tel de mesures contraignantes pour y arriver. Tout le monde est déçu : des groupes écolos aux pays en voie de développment qui y voient soit un déni égoïste de la réalité (les pays insulaires les plus menacés), soit un retour en force de « l’impérialisme américain » (Cuba) en passant par l’Europe, qui a dû signer l’accord à contrecœur pour « sauver la mise ». Même Barack Obama a qualifié l’entente d’ « insuffisante ».Tout le monde sauf M. Harper, qui dit : « Elle est réaliste et pragmatique du point de vue du Canada ».

Nos vemos a México, Stephen.

figures devant le métro Bella Centre à Copenhague

Les figures émaciées représentent les 80% des gens sur la planète qui ne sont pas les principaux responsables des changements climatiques et qui en échoppent le plus. Elles sont figées sur place dans une épaisse nappe de glace aujourd'hui, journée de clôture de la COP-15.

Jour 11 – Jour de la police. Greenpeace se présente tout de même au souper Royal.

Ce soir se tenait le souper de la famille royale danoise, en compagnie des chefs d’état du monde entier. Un party assez exclusif où des activistes de Greenpeace ont tout de même réussi à s’inviter pour livrer leur message : ” Les politiciens parlent. Les leaders agissent. “

Voici l’article paru dans les médias danois. Pendant ce temps, au moins deux
équipes d’activistes de Greenpeace ont escaladé un des ponts névralgiques du centre-ville pour y apposer la même bannière. Le centre de la capitale danoise grouillait justement ce soir de présence policière en vue de la visite au parlement des chefs d’état.

Parlant de “chefs”, le premier ministre Stephen Harper n’a pas pris le podium aujourd’hui, comme l’ont fait la plupart des autres dirigeants, à la plénière de la COP-15, préférant plutôt dépêcher Jim Prentice pour le faire à sa place. Le discours n’a pas changé : ” vue l’économie canadienne et le commerce avec les États-Unis… ” nos représentants semblent vouloir baisser les bras. La Chine s’est toutefois dite prête à faire des concessions, ce qui pourrait annoncer un déblocage prochain des négociations. Le président français Nicolas Sarkozy a aussi lancé un appel à la mobilisation au monde entier et particulièrement à l’Europe, pour sauver la conférence, en disant que le COP-15 n’était pas un forum de discution mais plutôt un endroit pour prendre des décisions. Il disait aussi que ce n’était pas à l’avantage de personne que Copenhague se solde par un échec.

On est tous d’accord. Maintenant, agissons.

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Des activistes de Greenpeace déploient une bannière sur le Knippelsbro, un des ponts principaux de Copenhague, le soir du souper des chefs d'état.

Les activistes de Greenpeace à l'oeuvre sur le pont Knippelsbro, sous le regard de la police danoise.

Les activistes de Greenpeace à l'oeuvre sur le pont Knippelsbro, sous le regard de la police danoise.

Jour 10 – “Ne jetez pas l’éponge” – Kumi Naidoo de Greenpeace et l’auteur/activiste Naomi Klein au Fresh Air Centre à Copenhague.

À deux jours de la fin de la conférence sur le climat, Kumi Naidoo, le directeur exécutif de Greenpeace International, a pris la parole aujourd’hui au Fresh Air Centre, un centre de médias indépendants mis sur pied par Tck tck tck. Il encourage tout le monde à ne pas lâcher prise si près de la fin, même s’il semble de moins en moins probable qu’un accord fort et ambitieux ne sorte de cette conférence. J’ai transcrit un extrait de son texte ci-bas :

” Ce qu’on souhaitait avant d’arriver à Copenhague était de voir un message d’espoir sortir de cette conférence, pas un flop ou un abandon. Comme l’a déjà dit mon héros Desmond Tutu, quelqu’un que j’admire beaucoup : “Je suis un prisonnier de l’espoir”. Et j’espère que chacun et chacune d’entre vous continuera à croire pendant les 48 heures qui suivent qu’on peut encore changer l’agenda, et surtout ne lancez pas l’éponge tant que ce ne sera pas fini. “

L’auteur et activiste canadienne Naomi Klein était aussi présente ce soir (voir vidéo ci-haut). Désolé pour la qualité médiocre de l’image. Je transcris une partie de son discours : “75 à 80% des GES émis historiquement proviennent des 20% de la population mondiale, située surtout dans les pays riches. Selon la Banque Mondiale elle-même 75% des effets des changements climatiques sont ressentis dans les pays en voie de développement. Il existe une cruelle relation inverse entre causes et effets. Le fait qu’il y ait une dette à rembourser n’est pas étrange, selon les principes du pollueur-payeur; [...] et c’est une position digne qu’ont les pays du Sud en arrivant à ces négociations … Il est donc normal d’utiliser le mot ‘réparations’, qui veut dire ‘réparer ce qui a été brisé’ “.

Naidoo et Klein ont tous les deux raison. On ne peut pas sous-estimer l’importance de cette conférence pour le futur de la vie sur Terre. Des milliards de gens sur terre souffrent déjà à cause des dégâts causés par une minorité d’humains. Il faut que ça change. On ne peut pas accepter un accord faible ou un autre “compromis”. C’est maintenant ou jamais pour nous reprendre en main.

80% bella centre copenhagen copenhague COP-15

Ces figures émaciées sous les rails de métro devant le Bella Centre représentent les 80% de la polulation de la terre qui écopent de la surconsommation et le je-m'en-foutisme des 20% les plus affluents.

march marche bella centre copenhague copenhagen kobenhavn COP-15

Marche d'aujourd'hui près du Bella Centre - sur fond de centrale thermique émettant des gaz à effet de serre.

Jour 9 – La délégation canadienne plongée dans l’embarras

La délégation canadienne est plongée dans l’embarras : des documents confidentiels du bureau du ministre de l’environnement Jim Prentice montrent que les Conservateurs n’ont même pas l’intention de respecter leur propre plan de réduction des émissions de GES. Cible qui, située à 3% en dessous de 1990, est déjà très timide. Selon les nouvelles sources, le plan du Canada est de permettre aux émissions des secteurs pétrolier et industriel de grimper en flèche et de diminuer seulement le taux d’augmentation de émissions d’un modeste 10%. L’entourage du Secrétaire états-unien de l’Énergie Steven Chu a de plus refusé qu’il soit pris en photo avec Prentice. Ce dernier insiste toujours que le Canada va calquer ses cibles de réduction sur celles qu’adopteront les États-Unis.

Le porte-parole de Stephen Harper, Dimitri Soudas, qui est déjà à Copenhague pour des raisons mystérieuses, a aussi publiquement accusé Steven Guibeault d’Équiterre d’être à l’origine du canular www.enviro-canada.ca et son faux communiqué de presse. Ce coup, plutôt revendiqué par le groupe de pranksters The Yes Men, affirmait que le Canada allait adopter une cible de réduction de 40% d’ici 2020. C’était, bien sûr, trop beau pour être vrai.

À 3 jours de la fin de la conférence, le parcours s’annonce donc difficile pour la délégation canadienne, qui a encore remporte un Prix Fossile hier. Le National Post écrivait aujourd’hui : “Il semble que le Canada soit devenu lui-même… son propre ennemi”.
À suivre…

Mis à jour 19h : remise des Prix Fossile aujourd’hui :
1- États-Unis
2- Canada
3- États-Unis et Colombie

cop-15 copenhague global warming réchauffement planétaire weather pattern

Pendant que le CO2 s'accumule dans l'atmosphère et que la planète continue de se réchauffer...

14/12/2009 - Le Canada est largement en tête du classement des Prix Fossile

...le Canada continue d'accumuler les Prix Fossile. Il mène largement au classement de ce prix-citron environnemental peu désirable.

Jour 6 – 12 décembre 2009 – Journée internationale d’Action pour le Climat.

Samedi à København a eu lieu, tout comme dans des milliers de villes partout dans le monde, une grande mobilisation populaire pour le climat. Entre 30 000 et 100 000 personnes ont participé à la grande marche du parlement danois jusqu’au Bella Centre, lieu de la conférence internationale. Les thèmes récurrents de la manifestation étaient, outre une réduction ambitieuse et drastique des émissions de GES bien sûr, une plus grande solidarité entre pays riches et pays pauvres pour aider ces derniers à faire face aux défis qu’apporteront les changements climatiques et à se développer de façon plus durable. La question est de leur permettre de se déveloper en évitant de répéter nos erreurs du passé : production et consommation sans égard aux émissions, ni à la pollution, ni à la durabilité. La santé de la planète en dépend, et ce pour le bénéfice de tout le monde.

J’ai suivi la marche à vélo jusqu’au centre de conférence. Il y avait de la musique, des danseurs, des clowns, plein de groupes environnementaux et un Père Noël qui sonnait l’alarme que si la neige fond, lui et Rudolph le renne au nez rouge ne pourront plus livrer de cadeaux. Bref, toutes sortes de variations et de façons d’expression sur un seul et même thème : les changements climatiques affectent tout le monde et tout le monde doit agir. De façon juste et équitable, bien sûr. Parce que les changements climatiques et l’environnement en général sont aussi une question de justice internationale. La police a arrêté et détenu environ 1 000 participants au début de la marche, pour en relâcher la grande majorité quelques heures plus tard.

Les négociations du COP-15 reprennent de plus belle cette semaine, où on attend les ministres de l’environnement et les chefs d’états de la plupart des pays de la planète. Il reste 5 jours pour renverser la vapeur et sauver le climat. Agissons.

cop-15 jour 6 copenhague journée d'Action pour le Climat

Coucher de soleil sur København - et sa centrale électrique.

cop-15 jour 6 copenhague journée d'Action pour le Climat

Assez de Bla bla !

cop-15 jour 6 copenhague journée d'Action pour le Climat

Changeons les politiques, pas le climat. Il n'y a pas de Planète B.

cop-15 jour 6 copenhague journée d'Action pour le Climat

Agissons Maintenant. Changeons le Futur - Greenpeace.

Jour 5 – Double-Fossile pour le Canada

Entrevue avec Virginie-Lambert Ferry, responsable de la Campagne Climat et Énergie de Greenpeace au Québec. Elle me parle de l’état actuel des négociations et de la position du Canada dans cette mêlée. Quelques heures plus tard, on apprend que le Canada a raflé non seulement un mais bien deux Prix Fossile, octroyés chaque jour aux pays ayant le plus nui aux négociations.

M. Michael Martin, le négociateur-en-chef du Canada, avait plus tôt déclaré : « Oui, les cibles du Canada sont basées sur la science. Absolument, oui. » Il prône une cible de réduction de 3% en dessous de 1990 alors que le groupe de scientifiques le plus reconnu de la planète, l’IPCC des Nations-Unies, demande une réduction de 25 à 40%. On ne peut que se demander de quelle « science » il veut bien parler. Cette déclaration a valu au Canada la 2e place au Prix Fossile d’aujourd’hui.

Pour que le Canada gagne aussi la 1ère place, il suffit que le ministre canadien de l’environnement M. Jim Prentice déclare à son tour : « Il est dans les intérêts du Canada de remplacer le Protocole de Kyoto par un nouvel accord », sans spécifier ce que pourrait être ce nouvel accord. Rappelons que le Canada s’est déjà engagé dans le cadre de Kyoto à une réduction de 6% par rapport à 1990. La nouvelle cible de 3% est donc inférieure à cet engagement et donc contraire au droit international.

350 ppm kø

Manifestation 350 ppm à Rådhuspladsen, København.

Jour 4 de la COP-15. Copenhague.

Arrivée à Copenhague. J’ai passé 6h dans un avion, de Montréal à London, et ensuite 26h dans un bus, de London à Copenhague. Je suis crevé. Plutôt que d’aller tout de suite à la conférence aux confins Sud de la ville, je me rends au havre de la ville, où le Artic Sunrise est accosté depuis quelques jours. J’ai rencontré Mel Francis, la campaigner Énergie et Climat de Greenpeace International. Ensuite, j’ai enfourché le vélo d’un ami jusqu’au Råhuset, où se tient le Sommet des Peuples sur les changements climatiques. C’est un endroit où les journalistes non-accrédités à la conférence officielle peuvent travailler, trouver du soutien, une connexion internet et rencontrer plein de monde de partout. J’ai interviewé des gens qui ressentent directement les changements climatiques dans leurs communautés: une femme autochtone du Nord de l’Alaska où la fonte du pergilisol nuit aux troupeaux de caribous dont sa communauté dépend pour sa subsistence, et Tony, un homme dont le pays, les Philippines, a goûté sévèrement aux effets des changements climatiques cette année.

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Jour 1 de la COP-15. Avant-départ.

La 15e conférence des partis sur les Changements Climatiques se met 
en branle aujourd’hui à Copenhague. Le Canada a bien mal parti le bal 
là-bas en raflant un Prix Fossile, octroyé à chaque jour au parti ayant 
le plus obstrué l’avancement des négociation et l’atteinte d’un concen-
sus. Ce mini-reportage a été tourné quelques minutes avant mon 
départ pour Copenhague.

Suivez ici chaque jour l’attribution des Prix Fossiles :
www.fossiloftheday.org

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